Enfer, compte-rendu de la première séance du 20 février 2008

Publié le par ufr zero

Compte rendu de la première séance sur L’enfer du mercredi 20 février

 

 

 

Il y a certainement beaucoup de chose à dire sur le déroulement de cette première séance, on pourrait tout à fait juger d’un échec mais la tentative se reproduira tout les mercredi. De là il est tout à fait possible de tirer des points d’analyse pour nous aider à comprendre se qui marche et ne marche pas afin de ne pas reproduire sans cesse les mêmes schéma qui « densifient ».

 

La formule film (Debors) + articulation au thème de l’enfer via la présentation d’une théorie personnelle couple intensité/densité semble indigeste je m’explique : le film aurait mériter une rumination d’au moins quelques jours afin qu’il fut possible de s’exprimer avec raison sur celui-ci, peut être que la prochaine séance sera plus propice à ceci. D’autre part, l’articulation au thème de l’enfer aurait mérité une explication écrite au préalable afin que le plus grand nombre eut pu rebondir et non rester passif. Aussi la théorie ou du moins son ébauche aurait sûrement dû aussi être introduite par un texte : d’où vient le concept de densité, celui d’intensité, dans quel intention sont ils associés en couple…

 

Aussi faut –il penser le déroulement du thème de séance en séances pour garder justement l’intensité. Il faut penser la manière d’intégrer le plus grand nombre en prenant le niveau de chacun en compte et tirer l’ensemble vers une exigence plus grande. Ce qui c’est passé mercredi témoigne du fait que peut être il n’a pas été pensé la démarche, mais comme tout ceci se fait dans un processus réflexif nous avons notre temps. Je pense que l’enjeu est de construire collectivement la réflexion, sachant que celle-ci ne peut être réellement collective que si dans le même temps nous élaborons un mode de travail et de discussion qui tend vers cela. C’est nos rapports qu’il faut repenser. Il faut sortir de sa fonction d’étudiant et de prof ou d’égoïste, s’imposer d’être ni passif ni infantile ni expansif ni dirigiste. Comment vivre l’instant ?

 

D’ailleurs, le thème s’entendre concerne directement tout les autres puisqu’il pourrait être aussi le lieu ou se construit une circulation de la parole une efficace de l’UFR 0. D’autre part ce genre de compte rendu ne vaut que ce qu’il vaut, une discussion par compte rendu interposé, sans qu’il se transforme en insuportable règlement de compte, pourrait alimenter le pendant réflexif de chaque thématique et de l’ufr.

 

Corrigeons, complétons, polémiquons ce compte-rendu

 

Laurent

Publié dans comptes-rendus

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laurent 08/04/2008 16:28

Ascèse : notes sur ce qui impulse et plombe le mouvement
 
68, 86,… LMD, CPE, LRU… les mouvements étudiants sont des moments d’intensité. La transe qui les caractérise est un état collectif altéré. Cet état est différent de la simple « grève du métro » qui paralyse le fonctionnement normal de l’institution. Les rapports interpersonnels hiérarchisés y sont dépassés, un étudiant peut parler à un enseignant et les inconnus discutent sans passif ni penser les conséquences de l’entorse aux usages. La transe advient dans un mouvement collectif, sur l’espace de la scène, et les individus « possédés » s’expriment sur tout et n’importe quoi selon un schéma (qui n’est pas unique) institué : l’AG.
 
L’émergence de l’AG est à la fois point d’intensité et poids de densité. Pour l’initié, voire l’habituer, il est possible de connaître le déroulement d’une AG, encore s’il connaît les participants pour les avoir côtoyés dans ces moments, il lui est possible à peu prêt d’anticiper le contenu de leurs interventions. L’AG devient donc avec l’expérience un moment d’enfermement, insupportable ou rien n’est plus possible alors qu’elle est l’institution de la crise sensée rassembler, instaurer par le nombre un rapport de force, et décider de  la marche de l’action collective. Pourtant elle semble être un théâtre qui voit se représenter la première à chaque fois. L’enfer en somme ou tout se répète dans la transe qui pourtant annonçait une rupture et une contestation remplie par l’espoir et le changement par la « lutte ».
 
Le mythe fondateur de la révolution française réapparaît sans cesse à chaque début de transe, contre tous les racismes et pour toutes les égalités, tous frères et sœurs, plus de frontières. Le prétexte politique qui déclenche le mouvement n’est pas son essence, il est toujours dépassé par des aspirations latentes d’habitude figées dans le quotidien.
 
Cette essence de la transe en tant que point d’intensité est profondément composée d’un refus de l’autorité et des anciens rapports de pouvoir dans la volonté de les dépasser. Cependant  cette essence qui donne à vivre l’intense contient et voit se profiler sa limite. Le mouvement se densifie si tôt qu’il faut recomposer consciemment et collectivement l’institution AG ou tout autre institution issue d’un mouvement. Les individus sont inégaux, au niveau du savoir et du discours, les «grandes gueules » s’imposent aux autres. Aussi la nécessité d’organisation et de structuration est difficile voire impossible quand le problème de la hiérarchie, de la légitimité, du trop de démocratie et de bureaucratie affleurent. C’est ce qui plombe le mouvement.
 
Certains slogans estudiantins témoignent depuis 68 du refus des petits chefs qu’on espère ne pas voir récupérer l’élan collectif dans un bénéfice personnel. Le rapport enseignant/enseigné n’est pas exclu de cette figure. Mais comment des étudiants créant une université alternative peuvent ne pas retomber dans les cours alternatifs répétitifs, sans organisation, sans intérêt sinon l’intituler original sous le label alternatif. La discussion de café ou le cours magistral. La dichotomie est abusive mais personne ne veut ni d’un prof chiant parce qu’il monopolise la parole comme détenteur puissant du savoir. Personne ne veut non plus du mutisme des étudiants serviles.
 
Le refus du maître est pourtant un composé de l’essence du mouvement en tant que points d’intensité ; il est aussi ce qui exorcise les inégalités existantes mais ne les annule pas. Ce qui repousse inconsciemment la durée de la transe que le mythe fondateur attise, mais ceci dit, l’intensité retombe en densité lorsque la réalité des inégalités qui ne sont pas dépassées se révèle de manière consciente.
 
Il faut donc travailler les formes qui nous permettent de garder l’intensité en intégrant le fait qu’elles contiennent aussi probablement les germes de la densité. Le spectre identifié est cependant susceptible de rejaillir à tout instant.
On a pas trouvé de substitut aux maître, aussi l’autodidacte ne peut pas se contenter de penser et d’agir seul si il veut attaquer l’ordre établit, c'est-à-dire vivre d’intensités.
 
Un autre poids de densité réside dans l’impératif de victoire que contient le combat. Plus celui-ci est difficile, paraît gigantesque, impossible, infinis, et moins la motivation et l’investissement sont présents. Cependant, seul le travaille concret peut renverser l’adversité, on ne peut pas vaincre sans connaître la dureté de la tâche.
Mais quel est notre ennemi dans ce cas à part l’exorcisme et le gouffre de l’impossible. Au loin peut être l’Etat, les flics et les patrons. Surtout le danger de ce qui plombe, qui densifie notre initiative. Soit et les constructions et les habitudes inscrites en nous.
 
Identifier les facteurs de densification est une tâche, ensuite une autre œuvre collective et de s’employer à conserver l’intensité ou du moins de pouvoir la rétablir et la réactiver par un savoir construit. Il faut donc penser notre institution UFR ZERO comme libérable des poids de densité. On ne peut pas penser cela sans travaille, ce qui commence par l’écrit, puisque pour avancer il faut fixer. Afin de ne pas ressasser toujours les mêmes discussions il faut une rigueur. Il ne s’agit pas d’être anti-universitaire, anti-intellectualiste, ni de sombrer dans la médiocrité.
Les critiques faites aux maîtres explicateurs sont nécessaires et entendues. Ceci dit, comment élaborer les forment concrètes qui organisent nos « cours », je préfère les appeler « séances » qui sont en faite dans la terminologie UFR ZERO l’association d’un « thème » et d’une « démarche ». La démarche étant la manière concrète d’organiser les séances dans une continuité cohérente et dynamique c'est-à-dire en conservant une continuité de l’intense.
 
Comment s’impliquer sans se perdre, il faudrait continuer sont cursus classique puis le cursus alternatif, produire des comptes-rendus, lire, écrire, plus le job étudiant, plus les moments de détentes nécessaires… Question difficile qui implique des choix, des actes et des demi actes.
Le début de notre initiative suppose sa fin collective ou personnelle et le sacrifice rejoint la traîtrise car tout et rien existent en dehors et dans l’ufr zéro. On ne peut pas penser la révolution sans la période de terreur qui suit, là réside encore un poids de densité, savoir que tout à une fin et que toute révolution est vouée à l’échec empêche l’investissement et détourne l’individu du danger.
 
Hors c’est là un des enjeux, se mettre en danger jusqu’au plus profond de son être et de ses certitudes, se dépasser. S’est accomplir sa voie. Le judo, taekwondo, aïkido…. La voie, celle que montre le maître suppose la soumission au maître mais pas seulement c’est aussi se soumettre à la discipline menant à la connaissance. Ici la connaissance du maître est un moyen. Et la voie du maître ne saurait être la voie du disciple dès lors que c’est l’œuvre personnelle, c'est-à-dire original,  qui doit émerger. Dans cette posture on peut difficilement penser qu’un jeune disciple puisse avoir force de création et soit reconnu puisque ne possédant qu’une maîtrise imparfaite de son art les lacunes qui lui sont inhérentes (par rapport à l’accomplissement du maître) font de lui un impuissant. Le rapport enseignant/enseigné quelque par ne serait-il pas aussi anti-intellectuel qu’un rapport de méfiance du disciple qui verrait le maître cultiver ses plantes en les inscrivant toujours dans le tutorat.
La philosophie taoïste (à laquelle je ne connais rien) place la recherche ou la nature de l’harmonie comme centrale. Aussi la voie (c'est-à-dire son œuvre, sa vie) est le moyen de l’harmonie. La traduction en terme politique d’une telle harmonisation supposerait le recours à l’enseignement unique. On a qu’un maître en art martial, c’est sa voie comme exemple qui mènera à l’accomplissement de la nôtre. Ceci est profondément anti-intellectuel, comme le montre l’éducation national et toute autre mégalithe, écoles…..de pensée. C’est cette ambiguïté entre intensité de l’art martial (parce qu’il autonomise, émancipe) et sa densité (en tant qu’elle suppose une allégeance, une soumission) que je voulais montrer.
 
Je veux bien accepter d’être enseigné mais pas par un seul maître (impersonnel), peut être plus par des co-disciples en devenir.
L’égalité proférée ne doit pas exorciser le retour de la terreur et du terrorisme du cours magistral, elle doit inscrire le rapport inexistant d’égalité dans un factice qui peut permettre à « l’ignorant » de tenter, de se projeter, de se tromper, d’apprendre de son erreur. C’est que l’accumulation du savoir et la capacité de l’articuler s’acquiert, c’est une ascèse. Certains sont plus équipés que d’autre ce qui pousse les premiers au devant et relègue les seconds à leur impuissance. Cette situation réelle d’inégalité créer une inhibition chez celui qui ne sait pas qui annule le goût pour le savoir, le met en rejet. Au contraire si la relation de puissance est atténuée par un comportement (ressentit par l'autre) qui est différend de celui d'un maître (castrateur) : c'est-à-dire que le maître s’il sait qu’il l’est (c'est-à-dire que son savoir sur tel ou tel sujet est plus complet ou qu’il a une capacité à l’articuler avec plus d’habileté et que de ce fait il a une propension à occuper l’espace seul) ne doit pas le montrer et ainsi il aura su ouvrir la voie sans l’avoir dirigée mais en garantissant un échange et une fluidité des discours qui permet la remise en question de ses propres positions (perdre la maîtrise ?). (voir peut être, « le maître ignorant... », mais aussi « Pygmallion à l'école », « société sans école », « l'université en transe »)
 
Mais je ne veux pas écrire de mode d’emploi pour le maître sachant vivre en bonne intelligence avec d’autres ego au moins aussi susceptibles. Les co-disciples doivent s’appliquer le respect du savoir comme voie c'est-à-dire comme découverte de soi, de l’autre, et de l’expérience collective à travers un échange qui doit tendre vers la réciprocité, c'est-à-dire que malgré l’inégalité réelle il faut se mettre au niveau (je ne parle en aucun cas d’un nivellement par le bas au contraire) par le travaille et se l’imposer comme voie. Le respect de soi et de son co-disciple.
 
La proposition c'est aussi de constituer une bibliographie référante et de dégager des axes possibles de recherche.
Par exemple, le couple intensité/densité assez basic dois être regarder avec plus d’exigence, bien que sur ce sujet encore je ne sache pas grand-chose. Il me semble important qu’il faille interroger ses termes au regard d’autres comme celui d’anticipation, de jouissance, de dépendance (path dependancy), du refus (nihilisme). Ces quatre termes sont proposés au regard des deux premiers comme leurs facteurs variables.
 
 
(Pour les conneries que j’ai pu écrire surtout sur le taoïsme et sur les autres aussi qu’on me reprenne svp).
Laurent.