L’errance, compte-rendu de la deuxième séance du 26 février 2008

Publié le par ufr zero

L’errance, compte-rendu de la deuxième séance du 26 février 2008

 

Toujours dans l’optique de réflexivité du déroulement des séances j’aborderais dans cette partie le déroulement de la séance, et les conditions dans lesquelles le débat s’instaure et circule la parole.

 

La séance à commencer par la modification de l’espace. Nous avons disposé des tables en carré.

La parole n’a pas été dirigée et de fait se sont crées des discussions sur divers sujets non relatifs au thème. Une première prise de bec a éclater provoquant d’emblée le ton incertain de la suite de la séance. En effet comment accepter de poursuivre quand l’incompréhension provoque un blocage, une situation dont les protagonistes ne sont pas prêts à dépasser. Le thème n’a pas encore été abordé que déjà la sérénité atteinte des participant semble augurer de l’échec imminent. D’ailleurs j’ai moi-même décider de quitter l’espace de discussion qui ne l’était plus à cet instant puis me suis ravisé.

 

Voire se reproduire ce que l’expérience UFR 0 tente de conjurer, c'est-à-dire « l’incompréhension systématique… », peut être frustrant est démobilisateur. Cependant le défi est d’autant plus sérieux lorsqu’on décide de ne pas abandonner.

 

Certainement que le thème s’entendre a beaucoup à discuter sur nos pratiques, la pratique d’un silence ambiant pour attaquer sereinement chaque séance peut être un facteur déterminent.

 

Le thème fut alors lancé par une lecture de l’introduction du thème de l’errance. Comme d’ailleurs lors de la première séance. Il avait été proposé pour cette séance d’exposé un compte-rendu critique des articles de la revue Equinoxe. Il se trouve que pour diverses raisons une seule personne ayant choisie un article était présente lors des deux séances, de fait il semblait difficile de démarrer sur ce mode. Aussi les deux nouvelles personnes présentes purent bénéficier de cette lecture renouvelée pour entrer d’autant plus dans la réflexion.

 

Une autre prise de bec tout aussi énorme se produit. Celle-ci fut dépassée au prix d’efforts surhumains. Ceux qui s’étaient accaparé la parole pour se défaire parce qu’ils ne s’écoutaient pas arrivèrent à bout de souffle à s’entendre. Parce qu’à force ils avaient laissé l’autre développer son argumentation, ils le comprirent. Ils se comprirent eux-mêmes parce qu’il n’avaient plus jugé un discours partiel et ne s’était pas emportés à couper la parole dans un élan passionné. Couper la parole plusieurs fois c’est morceler le discours, perdre le fil du raisonnement. Au bout de plusieurs cycle répétés sur ce schéma, celui qui coupe la parole sans cesse pour dénoncer le propos forcément rendu partiel de l’autre en vient en faite à produire sans cesse la propre cause de son incompréhension. L’acte qui peut faire sortir du cercle vicieux est alors le même qui aurait évité son instauration. Ne pas couper la parole dans ce cas aurait été bénéfique, car sans cesse son auteur qui la reformula plusieurs fois devait se faire couper la parole et ainsi être parasité, il ne pouvait dès lors énoncé complètement et garder le fil de son raisonnement.

 

La dépense d’énergie et de tension et alors énorme pour un si maigre résultat la encore l’envie d’arraisonné le navire se fait sentir mais la discussion se poursuit tout de même. Aussi un des participant atteint par la difficulté de prendre la parole fit une « fausse sortie théâtrale » afin d’attirer l’attention sur le fait que les règles construite par l’expérience ne sont pas intégrées et pratiquées par chacun, la prise de parole de l’autre doit être individuellement et collectivement respectée.

 

La suite se passe plutôt bien tandis que quelques participants étaient partis. Ceux qui avaient auparavant « densifié », fatigué l’énergie collective étaient restés. L’échange qui suivit fut plutôt riche pour le reste de la séance tout autant qu’avant la deuxième prise de bec.

 

Mais voici en fait dans cette deuxième partie le contenue des discussions :

 

Après la lecture de l’introduction, la discussion s’engage et très vite, l’errance est associée au nomadisme. Plus tard l’explication se révèlera à ces sujet : les nomades peuvent être considérés comme errants parce qu’ils ne sont pas dans la norme mais objectivement il n’errent pas. La question éthique de l’errance surgit, la teneur péjorative de ce qui est anormal, inconnu, construit l’idée selon laquelle le nomade erre. La norme fixe et rassure comme le domicile, dès lors que l’anormal se matérialise il est danger et mauvais, il plonge dans une vision du nomade de l’ordre de l’errance, d’une irrationalité. Mais pour subsister le nomade va de points en points, de puits en puits, de pâturages en pâturages. Donc il n’errent pas il se déplace selon un schéma rationnel.

 

Plus tard, le thème de l’amour déjà poser lors de la première séance revient.

Ainsi que celui de la perte des repères, de sens, de la confusion. Il y aurait une différence à faire entre la perte des repères physiques et ceux de l’esprit. L’errance peut avoir pour cause le changement, la rupture, la peur.

La perte de l’amour peut entraîner ce changement, tout autant que son gain, aussi on peu se perdre dans l’amour. L’errance c’est aussi l’attente incertaine de l’amour en retour. Celui qui attend se retrouve dans l’incertitude il est renvoyer à l’errance. On peut espérer être aimé et craindre de ne plus ou pas l’être, dans les deux cas l’aimant est renvoyé à l’incertitude.

 

Le désir a aussi été posé comme une recherche du plaisir. La phase d’attente, de monter du désir, de sa précision est un plaisir en soi. Mais l’accession au plaisir réalisé n’est pas forcément un moment de plaisir, alors la quête du plaisir devient une errance parce qu’une recherche incertaine. L’errance peut alors être utile comme moyen, alors on peut être sujet de l’errance et agir selon une stratégie de l’errance. Une quête incertaine, celle d’un trésor, de l’ordre du fantasme personnel.

 

La question du but dans l’errance et un des pivots de la réflexion. Il n’y aurait pas de but dans l’errance, mais peut être que l’errance est un état historique ou la personne ou le groupe construit un objectif, reconstruit le sens et les repère. Une recherche de soi dans un renvoi permanent entre le connu et l’inconnu est une phase de reconquête, d’une prise. La prise et la déprise peuvent alors caractériser l’errance.

 

Une définition classique (du dictionnaire) de l’errance ne peut évidemment pas en résumer l’essence. Nos discussions et réflexions à l’inverse créent des catégories et relient ce thème à d’autres, ce qui permet d’autant plus de le circonscrire.

 

La pratique de l’errance en tant que dérive pour les situationnistes est une manière d’appréhender, d’expérimenter un lieu inconnu. La théorie de la dérive G. E Debors, « l’internationales situationniste » sera un des thèmes de la prochaine séance. Comment pratiquer la dérive, comment créer une situation qui explore l’errance en la révélant au passant.

 

N’hésitons pas à corriger, compléter, contredire ce compte- rendu ainsi qu’à proposer.

Laurent

Publié dans comptes-rendus

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Angélique Brillet 02/10/2009 12:08



Je suis professeur de Français en BTS. J'ai proposé un sujet d'écriture personnelle sur le thème de l'errance : L'errance vous semble-t-elle une fuite misérable et sans fin ? J'étais à la
recherche de références possibles et de réflexions sur ce thème. Merci, mais dommage pour tous les fautes d'orthographe que comporte ce compte-rendu !



Cécile Duval 01/03/2008 00:01

Pour le départ des séances un silence et une concentration où chacun est prêt à écouter ce qui va se passer serait peut-être un bon point de départ. Après il faut que l'on soit aussi conscient de tout ce qui peut détruire l'écoute collective (comme par exemple deux personnes qui entreprennent une discussion particulière (d'invididu à individu), pendant que le discussion collective continue). Il n'est peut-être pas nécessaire que chacun parle (le silence d'une personne peut-être aussi très énergétique et présent), mais il est nécessaire que chaucn écoute.