S’entendre, entendre. Compte-rendu de la deuxième séance du 26 février 2006.

Publié le par ufr zero

                                                       S’ENTENDRE ?

 

 

     S’entendre sur ce qu’est l’UFR0, c’est faire un retour sur soi par rapport à la semaine que nous venons de vivre en tant que participants. Voici quelques idées jetées ça et là en vue d’une réflexion commune :

 

     Nous ne sommes pas dans un cours, sortons de ce sempiternel rapport professeur/élève, nous ne recherchons pas un papa, un maître… Il n’est pas question que l’on nous parle avec  cette fausse condescendance comme si nous étions des enfants qui aurions tout à découvrir. Chaque interlocuteur doit penser aux personnes à qui il s’adresse et utiliser le vocabulaire approprié ; et non pas jouer les sujets supposés savoir ou le maître explicateur (c’est compliqué donc vous avez besoin de moi pour vous expliquer). Et il n’est pas question qu’une seule personne s’approprie l’ordre du jour pendant deux heures. Si nous nous comportons comme des esclaves et ne sortons pas de nos conditionnements, il y aura toujours des guignols pour nous faire la leçon. Nous ne sommes pas devant un téléviseur, ne soyons plus passif ! 

 

   Nous ne sommes pas non plus en thérapie collective ; le discours victimaire n’est pas un argument. Nous ne sommes pas non plus au café du commerce, évitons de raconter n’importe quoi. Si nous ne sommes pas capable d’un minimum de respect envers les autres et donc envers nous-mêmes, à quoi bon !

 

   Dans une discussion au sein du groupe le désordre n’est qu’apparent, une relation de pouvoir recrée de l’ordre. Comment en sortir, sans formaliser le débat par des règles contraignantes ? En cassant ce modèle par une autolimitation ?  Celui qui prend la parole tout le temps doit s’en rendre compte par lui-même et se modérer ? Celui qui ne parle pas doit faire un effort pour se faire entendre plus souvent ? Et les conflits, peut-on arriver à les dénouer par le dialogue ou doit-on les fuir ? En tout cas certainement pas par le consensus cachant les dissensions, risquant d’éclater encore plus violemment par la suite, et pourrissant les relations dans le groupe concerné au premier chef, et qui par conséquent se doit de tenter la médiation et pas rester spectateur.

 

    Ensuite, nous ne nous sommes pas entendus sur la méthode. Doit-on se fixer un cadre, un but dans lequel s’insère nos thèmes ? Et quoi sommes-nous alternatifs ? Nos rencontres sont-elles une socialisation, une confrontation d’idées « fructueuses », une errance ? La sortie de nos petites subjectivités est-elle possible ?

 

    Dans le séminaire de l’Ufr0 expérimental, pour sortir de nos habitudes universitaires, la proposition que 3 petits textes (courts car ce n’est pas un cours, mais un échange !) soient distribués, lus tranquillement, discutés dans des petits groupes, afin que tout le monde s’implique, et débattus ensuite ensemble, a-t-elle été concluante ? Etrange le changement lors du passage des petits groupes à un seul et unique groupe ! 

 

    Voici plusieurs questions que je soumets, en vu d’une élaboration collective qui peut peut-être tracer une ligne directive à nos sujets éparses. Ce qui serait intéressant aussi, c’est que tout le monde se responsabilise en écrivant un petit texte sur sa vision de L’Ufr0, en participant à la construction de ce projet, afin que le « noyau dur » s’élargisse et que de l’oligarchie nous passions à plus de démocratie.

S’entendre, entendre. Compte-rendu de la deuxième séance du 26 février 2006.

 

 

La deuxième séance a commencée par un exercice de respiration. Les participants allongés sur le sol détendus entrent dans un état de perception modifié. Ils se nourrissent des sons ambiants et de la présence et de l’écho de soi dans l’autre.

A suivi une lecture de trois textes concis, puis trois groupe se sont constitué pour en discuter. Les deux groupent se rejoignent enfin pour une synthèse collective.

 

Tout les personnes présentent par la suite n’on pas participé au première exercice, l’état de détente initial des participants et donc relatif. (Est-ce que cela a une incidence par la suite dans le déroulement de la séance ?)

La phase par petit groupe a plutôt bien marché, mais lors de leur réunion, le sujet leur a glissé entre les doigts, (il serait judicieux dans discuter peut-être ?).

 

Monsieur démocratie :

 

Très succinctement, ce que je retient du texte pour ma par c’est la nécessité de dénoncer, d’analyser et de dépasser les dispositifs d’exclusion. Commençons par ceux qui excluent de la parole et du processus de l’entendement.

 

Le Mensonge :

 

Selon le texte il existerait quatre types de mensonges

 

« Le mensonge de celui qui ne sait pas » est il un mensonge, n’est-ce pas là  être dans l’erreur plutôt que dans le mensonge. D’autre part le conscient et l’inconscient compliquent quelque peu la chose.

 

« Le mensonge par omission », par restitution partielle d’une vérité ou d’une connaissance pour être mensonge doit donc être intentionnel.

 

Il faudrait donc compléter ses deux points.

 

Plus loin le texte aborde le mensonge en tant que perversion, comme un jeu de soumission pouvant conduire le menteur jusqu’à la pathologie et à l’assujettissement à son propre mensonge.

 

Même si la psychanalyse n’excuse et n’explique pas tout, le texte renvoi tout de même à celle-ci et peut être sans tomber dans le « pathologisant » serait-il nécessaire d’aller plus loin dans ce sens.

 

D’autre part il me parait déceler une philosophie de l’éthique dans le passage qui traite du mensonge comme arme du faible. A l’inverse l’honnêteté ou la franchise (à discuter) serait l’arme du fort, ou du juste si l’on veut toucher à la morale. Mais selon moi il s’agirait donc plus d’éthique car il s’agit simplement d’apprécier que dans un climat de mensonge il est semble t il plus difficile de dire tout honnêtement. La faciliter du mensonge est ici un sentier bien plus aisé.

 

Mais lors du débat, il nous a été tout à fait impossible de discerner la morale de l’éthique et pourtant, si l’on revient aux bonnes vieilles définitions du dictionnaire, il n’est pas possible de voir une distinction claire entre les deux termes. Il faut donc faire des recherches pour définir les deux termes.

 

D’autre part une autre thématique m’apparaît en lisant le texte : celle du mensonge collectif. Comment se construit-il et quelle conséquent sur les comportements. Le groupe se construit des mensonge et les véhicule, se serait un des construction constituant le groupe en tant que tel.

 

D’ailleurs il a été abordé la manière dont le groupe (Ufr o) accueil la perception qui en est faite par des éléments extérieurs. Les dispositif d’exclusion existent et préexistent déjà dans le groupe ; La prise de parole et la circulation de celle-ci en tant qu’énergie dans le groupe et régie par une pratique impliquant des individus au sein d’un groupe qui ont conscience de l’autre et de soi dans le groupe. L’évolution de l’individu dans le collectif nécessite des règles, doivent elle être formalisée, expliquée ? Elles le sont d’une certaine manière et de façon résiduelle dans le manifeste de l’ufr 0. Mais elles se construisent au fur et à mesure que les participants acquièrent une expérience et un recule sur leur parcours. L’analyse doit donc être poussée sur nos pratiques. La réflexion doit se poursuivre à propos de ce qui marche ou pas dans nos séances, pour proposer et composer en gardant une certaine énergie cette intensité.

 

Aussi la cœxistence des groupes soi-disant rivaux devient intolérable dès lors que le ressentit ou la trahison devient l’élément qui cristallise  et « densifie » les rapports et les conditions du mouvement. Ne pas relier des groupes ou des éléments ne doit pas être perçu comme inquiétant. Ce qui l’est véritablement c’est  l’éclatement d’un « noyau » qui pour cause (non unique véritablement) de son éclatement aurait intégré la persécution, la paranoïa réciproque. Elles existent aussi parce qu’elles sont réciproques, des attitudes et leurs interprétations subjectives, tout ceux-là se répondant de manière indirecte est créant une « fiction/réalisation »). L’inconscient doit être imaginé sans qu’il devienne une explication saturante.

 

 

Merci de corriger, compléter, contredire, proposer.

Laurent.

« L'ennemi est donc en nous-mêmes, pas l'un pour l'autre. La conscience collective - qui est plus forte que la Conscience individuelle - est diffusée et atteinte collectivement. » Julian Beck, Théandrique ou la possibilité de l'utopie
 
La parole collective n’est pas une somme de pensées personnelles subjectives que l’on projette, plutôt un rythme qui se propage. La parole de l’un rebondit sur la parole de l’autre et entraîne là où on ne sait pas. Si l’on parle de ce que l’on sait on arrête le mouvement (densification ?).
 
La parole est conduite par le souffle. Elle part du silence et de l’écoute. Elle transforme l’espace. La poésie entend le monde et le transforme. Il ne peut y avoir de but prédéfini seulement un mouvement incessant. La parole alors n’exprime pas (ce que chacun pense), elle révèle (le monde ? La conscience collective ?).
 
La parole pour qui sait la manier est un instrument de pouvoir. Si la parole se propage librement collectivement, sans manipulation, sans tendre, si on la découvre, alors on s’entend.
 
Une pensée séparée du souffle est une pensée qui s’étouffe, qui peut se transformer en pouvoir, le pouvoir ayant besoin d’une conservation, d’une fixité pour accumuler.
 
Où trouverons-nous le mouvement qui nous allégera de nos pesanteurs? A quel endroit de nos corps, de nos voix et de l’espace ?
 
 
« Le totalitarisme n'est rien d'autre que l'imposition d'un système rationnel sur la liberté organique de la vie. » Herbert Marcuse


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