Errance, compte rendu de la troisième séance du mardi 4 mars 2008.

Errance, compte rendu de la troisième séance du mardi 4 mars 2008.

 

 

 

La séance débute par une discussion qui s’engage à propos de la théorie de la dérive.

Puis le lien est fait avec une autre expérience qui consistait à marcher tout droit.

Très vite, le thème du voyage est abordé, voyage sans retour (into the wild) ; voyage avec retour : le voyageur revient vers la ville qu’il déteste et à laquelle il avait décider de s’extraire. Il revient finalement à celle-ci, peut être que ça quête du sens l’a rasséréné, il renonce finalement à une mort prématurée. Peut être que le lien « ombilical » qu’il entretient avec elle (emploi, banque, loyer, amis, ennemis, abonnements, repères, objets personnels) l’aspire encore et toujours entre la question de l’aller-retour qui rend supportable la vie qui s’impose à lui en ville, et celle de l’allé simple comme la libération par la mort et l’inconnu mais aussi comme l’affrontement de ses peurs hors des repères et de la sédentarité.

 

Plus tard la discussion se réengage à propos de l’international lettriste et les circonstances de sa création. L’histoire d’ Isidore Isou et du groupe lettriste nous est alors révélée par un camarade. De là, les « divergences » entre l’existentialisme, Isou, et Debord, notamment à propos de l’analyse révolutionnaire émergent.

 

Isou verrait le processus révolutionnaire plutôt comme mu par la jeunesse et les universitaires. Alors que Debord s’écarte plus vers des théories marxienne, proches de celle de l’école de Francfort et de Marcuse en particulier. L’analyse par la lutte de classe ferait la part belle aux masses ouvrières, prolétaires et aux marginaux. Lors de la discussion, les exemples et contre exemples sont cités, aussi la révolution ouvrière apparaît comme une construction au regard de l’histoire, tandis que la constance du conflit générationnel et de la création qui en résulte semble fondée (mais peut être qu’en tant que jeunes et étudiants sommes nous conditionnés à le croire). Encore chaque génération, chaque jeunesse vivrait sa révolte collective avec plus ou moins d’intensité. La discussion se poursuit sur les possibilités même de la révolution, sur le concept de révolution. La question de la possibilité de la révolution est nécessaire, encore faut-il savoir ce que l’on entend par révolution.

 

En tout cas le pessimisme historique qui nous affecte reste extrêmement démobilisateur. Vivons nous ce tiraillement inconscient : alors même que nous sachions ce qui ne va pas et les manières d’y remédier nous restons finalement immobiles face à notre perte comme tétanisés par l’ampleur de l’ouvrage à réaliser mais pourtant animés dans nos actes contradictoires quotidiens qui animent la force invisible qui nous engloutit dans la souffrance.  Autrement dit, je suis la condition de ma souffrance et sa solution, tantôt j’en jouit, tantôt j’en pleur, dans les deux cas, demain ne sera pas différent.

Peut être qu’une solution intermédiaire réside dans l’éloignement inconscient dans l’évanouissement dans la société de consommation, un nihilisme réconfortant. Serait-ce donc le refus de la peur par la fuite dans la société de consommation ou au contraire par une ascèse et une solitude.

 

La société désenchantée se traduirait par une recherche de sens, d’authenticité. Le sens perdu, produit la quête, et les nombreux explorateurs modernes ce lancent dans l’aventure, leur mouvement est une recherche. Il se traduit peut être part le film « Into the wild », on peut autour de nous se rendre compte que le voyage non guidé est une mode comme une autre ou pas, en tout cas la signification de ce mouvement migratoire, initiatique ou pas est complexe. On peut choisir de ne pas vivre un supplice tout en ne voyageant pas, mais seulement si cette vie fait sens, peut être que subir mène à la folie. Nous parlons de la vraie folie, pas celle que la société et les hommes inoculent aux hommes, mais celle que l’homme fait vivre en lui même quand il se soumet volontairement  à ce qu’il déteste.

 

Ce dernier passage fait le lien entre les concepts d’errance choisie et d’errance subie. Dans un premier cas le « voyageur » cherche à se détacher de sa condition, dans le second il accepte sa condition et cherche ignorer sa reddition.

 

Le thème de l’errance semble bizarrement se faire rejoindre le voyageur et le révolutionnaire.

 

Pourtant la dérive serait différente de la promenade et du voyage, de l’Errance aussi. Mais comme la définition de l’Errance ne par pas de l’expérimentation et qu’elle est partielle il nous faut explorer les possibilité de l’errance et ses connexions.

 

A propos du déroulement de la séance. Il n’y eu aucune direction, simplement a-t-on introduit celle-ci par la théorie de la dérive. A propos il a été évoqué prochainement de vivre, de pratiquer une dérive.

 

Il n’y a pas eu de prise de bec, peut être que les personnes impliquées dans les précédentes fusillades n’étaient pas toutes présentes. Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur qui que ce soit mais de se rendre compte au fil des séances de ce pourquoi cela se passe soit plutôt bien, soit plutôt mal. Il ne s’agit pas non plus d’exclure les esprits « vindicatifs ou réfractaires » mais de débloquer les situations personnelles et collectives au profit de la discussion et de la réflexion.

 

Pour plus de doc : http://www.lelettrisme.com/

 

Comme d’habitude n’hésitez pas à corriger, compléter, contre dire.